Le Maroc, en pleine expansion économique, affronte des défis énergétiques considérables. Le secteur de l’électricité, en pleine transformation, voit sa demande s’accroître de plus de 7% annuellement. Les fournisseurs d’énergie au Maroc cherchent à satisfaire cette demande croissante tout en diversifiant leurs sources d’énergie.
Les compagnies électriques marocaines, dirigées par l’Office National de l’Électricité et de l’Eau potable (ONEE), dépendent majoritairement des énergies fossiles. En 2019, 90,6% de l’énergie primaire utilisée provenait de ces sources, avec une forte dépendance aux importations. La centrale à charbon de Jorf Lasfar, par exemple, produisait 38% de l’électricité nationale.
Malgré cette forte dépendance, le Maroc s’oriente résolument vers les énergies renouvelables. L’objectif est de parvenir à 42% du mix énergétique issu de ces sources. Cette transition énergétique représente un défi majeur pour les fournisseurs, qui doivent réinventer leurs infrastructures et leurs modèles économiques.
Points clés à retenir
- La demande d’électricité au Maroc augmente de 7% par an
- 90,6% de l’énergie primaire provient des combustibles fossiles
- L’ONEE est le principal fournisseur d’électricité au Maroc
- Le Maroc vise 42% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique
- La centrale de Jorf Lasfar produit 38% de l’électricité du pays
- Le taux d’électrification rurale est passé de 18% à 97% en dix ans
Le paysage énergétique du Maroc
Le Maroc se trouve au cœur d’une transformation énergétique significative. Les opérateurs énergétiques marocains naviguent dans un environnement en constante évolution. Ce contexte est marqué par des défis et des opportunités considérables.
Mix énergétique actuel
Le paysage énergétique marocain reste dominé par les énergies fossiles. La consommation annuelle atteint 15 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), dont 60% issus du pétrole. Parallèlement, les énergies renouvelables progressent.
Source d’énergie | Part dans le mix |
---|---|
Pétrole | 60% |
Charbon | 25% |
Énergies renouvelables | 15% |
Dépendance aux importations
Le Maroc dépend fortement des importations, important 95% de son pétrole. Cette dépendance affecte lourdement sa balance commerciale. Les importations de pétrole représentent 20% des importations totales et environ 50% du déficit commercial du pays. Cette situation expose les entreprises de distribution d’électricité au Maroc aux fluctuations des prix mondiaux.
Objectifs de transition énergétique
Le Maroc s’engage dans une transition énergétique ambitieuse. L’objectif est de produire 52% de l’électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030. Pour atteindre ce but, le gouvernement prévoit d’investir 23 milliards de dirhams dans l’énergie verte entre 2023 et 2027.
Cette transition ouvre de nouvelles perspectives pour les opérateurs énergétiques marocains. Le secteur privé joue un rôle de plus en plus important, avec plus de 50% des projets éoliens menés par des entreprises privées. Le Maroc se positionne comme un leader potentiel dans la production d’énergie verte en Afrique du Nord.
L’Office National de l’Électricité et de l’Eau potable (ONEE)
L’ONEE occupe une place prépondérante parmi les producteurs d’électricité au Maroc. Cette entité publique est essentielle dans la gestion et la distribution de l’énergie électrique. À la fin de 2023, l’ONEE comptait 9 256 employés et servait plus de 7 millions de clients.
En tant que leader dans l’approvisionnement en électricité, l’ONEE joue un rôle crucial dans le mix énergétique national. Cependant, la production privée connaît une croissance notable. En 2023, la production nationale d’électricité a augmenté de 2,4%, tandis que la production privée a progressé de 5,3%.
L’ONEE s’aligne sur les transformations du secteur énergétique marocain. Le pays vise à augmenter la part des énergies renouvelables à 52% d’ici 2030. Actuellement, ces énergies représentent 37% du mix électrique, avec une capacité installée de 3 934 MW.
Pour atteindre ses objectifs, le Maroc diversifie ses sources d’énergie. Le parc éolien de Jbel Lahdid, de 270 MW, est un exemple de cette stratégie. Le gouvernement a également accordé des licences à plus de 30 projets solaires, totalisant 350 MW pour les entreprises nationales.
L’ONEE, en tant que fournisseur historique, s’adapte à ce nouveau contexte énergétique. Son processus de qualification des fournisseurs est exigeant, nécessitant un examen minutieux des dossiers administratifs et techniques. Cette approche vise à assurer la qualité et la fiabilité de l’approvisionnement en électricité pour tous les Marocains.
Fournisseur électricité Maroc : principaux acteurs
Le marché de l’électricité au Maroc affiche une croissance remarquable, avec une hausse de la consommation de 4,5% en 2017. Les fournisseurs de courant électrique Maroc sont essentiels dans cette évolution énergétique.
ONEE : le fournisseur historique
L’Office National de l’Électricité et de l’Eau potable (ONEE) est le pivot des services publics d’électricité au Maroc. En 2006, l’ONEE était responsable de 30% de la production électrique du pays. Il s’étend de la production à la distribution, en passant par le transport de l’énergie électrique.
Producteurs indépendants d’électricité
Les producteurs indépendants jouent un rôle majeur dans l’approvisionnement électrique du Maroc. En 2006, Jorf Lasfar Energy Company produisait 48% de l’électricité, tandis qu’Énergie Electrique de Tahaddart fournissait 12%. Ces acteurs privés augmentent leur influence dans le mix énergétique marocain.
Distributeurs régionaux
Le réseau de distributeurs régionaux est fondamental pour le marché de l’électricité au Maroc. Ils fournissent l’électricité aux consommateurs finaux dans diverses régions. Leur contribution est cruciale, surtout dans les zones rurales où l’accès à l’électricité a progressé de 79% en dix ans.
Acteur | Part de production (2006) | Rôle |
---|---|---|
ONEE | 30% | Production, transport, distribution |
Jorf Lasfar Energy Company | 48% | Production indépendante |
Énergie Electrique de Tahaddart | 12% | Production indépendante |
Autres producteurs tiers | 1% | Production indépendante |
Importations | 9% | Approvisionnement extérieur |
Tarification de l’électricité au Maroc
Les tarifs de l’électricité au Maroc varient considérablement selon la localité et le fournisseur. Le modèle tarifaire adopté est progressif, visant à encourager une consommation énergétique plus modérée. Le coût du kilowatt-heure (kWh) dépend de plusieurs facteurs, notamment de la quantité consommée, de la période de l’année, et de l’heure de consommation.
Les foyers consommant 200 kWh par mois sont facturés environ 0,99 DH/kWh. Par contre, les entreprises, consommant entre 4 200 et 10 700 kWh, bénéficient d’un tarif nettement plus compétitif, se situant autour de 0,90 DH/kWh.
Comparé à d’autres nations, le Maroc présente des prix de l’électricité très compétitifs. Ces tarifs sont inférieurs à ceux observés en France et se situent en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE. En Union européenne, les entreprises paient en moyenne 1,25 DH/kWh, un coût supérieur à celui pratiqué au Maroc.
Voici un aperçu des charges mensuelles pour le logement dans différentes villes marocaines en 2024 :
Ville | Charges mensuelles (€) |
---|---|
Al Hoceima | 83,92 |
Oujda | 46,36 |
Casablanca | 40,21 |
Rabat | 39,51 |
Marrakech | 38,52 |
En 2024, le Maroc prévoit une baisse significative des tarifs d’utilisation du réseau électrique. Le Tarif d’Utilisation du Réseau de Transport (TURT) sera réduit à 6,39 centimes de dirhams/kWh, tandis que le Tarif de Service de Système (TSS) sera fixé à 6,35 centimes de dirhams/kWh. Cette réduction représente une diminution moyenne de 38% par rapport aux tarifs actuels.
Énergies renouvelables : le futur de l’électricité marocaine
Le Maroc s’engage résolument dans la transition énergétique. Avec 111 projets d’énergies renouvelables réalisés, le pays affiche une capacité installée de 3.950 MW, soit 37% du mix électrique. Cette avancée témoigne de l’ambition marocaine de porter la part des énergies renouvelables à 52% d’ici 2030.
Projets solaires majeurs
Les projets solaires Maroc occupent une place centrale dans cette stratégie. Le complexe solaire Noor à Ouarzazate, en développement, illustre cette dynamique avec une capacité électrique prévue de 580 MW. Ce projet d’envergure positionne le Maroc comme un leader régional en matière d’énergie solaire.
Développement de l’éolien
L’éolien Maroc connaît aussi un essor remarquable. Le parc éolien de Tarfaya, le plus grand d’Afrique avec ses 300 MW, symbolise l’engagement du pays dans cette filière. Ces investissements contribuent à réduire la dépendance énergétique du Royaume, qui a chuté de 10 points entre 2009 et 2023.
Potentiel hydroélectrique
L’hydroélectricité complète le trio des énergies renouvelables Maroc. Cette source d’énergie, combinée au solaire et à l’éolien, a permis d’accélérer la transition vers un modèle économique à faible émission de carbone. Le Maroc a ainsi attiré 6 milliards de dollars d’investissements étrangers en 12 ans.
Objectif | Valeur | Échéance |
---|---|---|
Part des énergies renouvelables | 52% | 2030 |
Capacité installée actuelle | 3.950 MW | 2023 |
Investissements étrangers attirés | 6 milliards $ | 2011-2023 |
Cette transition énergétique bénéficie du soutien international. L’Union Européenne a promis un financement de 624 millions d’euros pour soutenir les efforts du Maroc. Ces initiatives positionnent le pays comme un acteur clé de la transition énergétique en Afrique et dans le bassin méditerranéen.
Comparaison avec d’autres pays du Maghreb
Le secteur électrique au Maghreb révèle des contrastes entre les nations. En Algérie, Sonelgaz, une entreprise publique, domine la production et la distribution d’électricité. De même, en Tunisie, la STEG exerce un contrôle similaire sur le secteur électrique.
Le Maroc se distingue par son engagement envers les énergies renouvelables. En 2019, elles représentaient 8,9% de la consommation énergétique du pays. Le pays ambitionne d’atteindre 30% d’électricité renouvelable d’ici 2030, un objectif audacieux pour le Maghreb.
Les tarifs d’électricité varient considérablement. En Algérie, les tarifs sont bas, environ 0,01479 euro/kWh pour les premiers 125 kWh. La Tunisie adopte une tarification progressive. Le Maroc, quant à lui, ajuste ses tarifs régulièrement pour refléter les coûts réels.
Pays | Gestion de l’électricité | Part des énergies renouvelables (2019) |
---|---|---|
Maroc | ONEE + producteurs indépendants | 8,9% |
Algérie | Sonelgaz | 1% |
Tunisie | STEG | 3% |
Le Maroc se distingue par sa forte dépendance aux importations énergétiques, couvrant 90% de ses besoins en 2019. Cette situation incite le pays à diversifier son mix énergétique. Il investit massivement dans les énergies renouvelables, marquant une évolution significative du paysage électrique maghrébin.
Projets d’interconnexion électrique
Le Maroc s’engage dans des projets d’interconnexion électrique de grande envergure. Ces initiatives visent à diversifier ses sources d’énergie et à renforcer sa position sur le marché international. Elles ont pour but d’améliorer la stabilité du réseau électrique et de favoriser l’exportation d’électricité vers l’Europe.
Interconnexion Maroc-Espagne
L’interconnexion électrique Maroc-Espagne est un projet essentiel pour le Maroc. La première ligne sous-marine, inaugurée en 1998, s’étend sur 28 km et offre une capacité de 700 MW. En 2016, une seconde ligne de 31,3 km a été mise en service. Une nouvelle interconnexion, prévue avant 2026, devrait coûter environ 150 millions d’euros et générer jusqu’à 140 millions d’euros de revenus pour l’Espagne.
Projet Xlinks : liaison sous-marine vers le Royaume-Uni
Le projet Xlinks est une avancée majeure dans l’exportation d’électricité du Maroc. Cette liaison sous-marine de 3800 km vise à fournir 3,6 GW d’énergie renouvelable au Royaume-Uni. Elle devrait couvrir 8% de ses besoins domestiques d’ici 2030. Le coût estimé du projet s’élève à 20 milliards d’euros.
Xlinks prévoit de vendre l’électricité à moitié prix de l’énergie nucléaire. Cela offre une alternative attrayante alors que la consommation britannique devrait augmenter de 50% d’ici 2035. Ce projet ambitieux soulève cependant des questions sur l’équité énergétique et l’impact local au Maroc.
Caractéristique | Interconnexion Maroc-Espagne | Projet Xlinks |
---|---|---|
Longueur | 28-31,3 km | 3800 km |
Capacité | 700 MW | 3,6 GW |
Coût estimé | 150 millions € | 20 milliards € |
Mise en service | 1998-2026 | Projet en cours |
Défis du secteur électrique marocain
Le Maroc est confronté à des défis énergétiques considérables dans sa transition vers des sources d’énergie plus propres. L’objectif de produire 52% de l’électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030 est ambitieux. Cependant, en 2021, 80,5% de l’électricité était encore générée à partir des énergies fossiles. Cela illustre l’importance de la tâche qui s’annonce.
Pour atteindre cet objectif, le Maroc prévoit un investissement massif. Les prévisions indiquent que 40 milliards de dollars seront investis dans l’énergie d’ici 2030, avec 30 milliards pour les énergies renouvelables. Ces investissements pourraient créer jusqu’à 28 000 emplois par an, essentiels dans un contexte de chômage de 11,2%.
Face à ces défis, le Maroc demeure résolu. Le pays se tourne vers des projets innovants comme le complexe solaire Noor-Ouarzazate, qui couvre 3 000 hectares. Il explore également l’hydrogène vert et prévoit des interconnexions électriques avec l’Espagne et l’Algérie. Ces initiatives montrent l’ambition du Maroc de jouer un rôle majeur dans la transition énergétique régionale.
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